Femmes cadres sous plafond de verre               

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Les femmes cadres ont-elles une autre manière d’appréhender leur fonction que les hommes cadres ?

En tentant de répondre à cette question, je me suis vite trouvée dans l’embarras face à ce thème, et finalement, j’ai opté pour une réponse bien vaudoise: «ni oui, ni non, bien au contraire»…

En effet en tant que sociologue et chercheuse ayant recours à une perspective féministe, il m’importe d’aller voir à l’envers du décor, de mettre en question ce qui paraît «naturel» ou «inné» et de rechercher des règles sociales qui influencent les protagonistes. Le genre est des « metteurs en scène » les plus puissants de nos existences, au travail comme ailleurs. De fait une étude réalisée auprès de femmes cadres et cheffes d’entreprise montre que ces dernières constatent des manières d’aborder les responsabilités fort différentes entre femmes et hommes. Occupant depuis peu un poste de cadre au sein d’une grande institution, je les observe moi-même quotidiennement.

Par exemple, il est fréquent que les hommes cadres consacrent une partie de leur temps de travail à des activités qualifiées du terme de «papillonnage», passant de bureau en bureau pour des échanges apparemment informels, mais qui sont en réalité une forme de relations publiques, permettant de glaner des informations, de se faire valoir et de se rendre visibles, bref, pour en tirer des avantages personnels. On constate aussi que dans les séances ou colloques, coutumiers dans les postes de cadres, les interventions masculines ont comme corollaire de les mettre en valeur, alors que celles des femmes, plus rares, sont davantage axées sur un apport d’informations. Lorsque ces dernières prennent la parole, elles ont souvent le sentiment de ne pas captiver leur auditoire.

Or, ces comportements ne sont la conséquence ni d’un libre choix ni de différences fondamentales entre «nature féminine» et «éternel masculin». A preuve ce témoignage: «…la femme, pour qu’elle monte, doit faire, faire, faire, mais concrètement, parce qu’on ne va pas nous lâcher si on ne fait pas notre travail, qu’on le délègue…»

Parce que, de toute façon, personne ne va le faire à notre place….

Jacqueline De Puy