LE HARCELLEMENT SEXUEL EN MILIEU PROFESSIONNEL, UN VERITABLE FLEAU POUR LES FEMMES ACTIVES.



Le harcèlement sexuel est un phénomène social qui empeste le climat dans le milieu professionnel. La femme active ne le cache plus étant donné qu'elle subit de nombreuses pressions de quelques-uns uns de ses collègues mâles, de ses chefs hiérarchiques et autres personnes constituant la faune masculine.
Qu'elle soit mariée ou célibataire, la femme qui évolue parmi les hommes résiste difficilement aujourd'hui aux avances lui faits. Ainsi, assiste-t-on à des flirts tout aussi discrets qui s'étiolent au fil des jours. Selon des enquêtes réalisées par des spécialistes à travers le monde et des affirmations des sociologues, il appert que le harcèlement sexuel est loin de connaître un heureux aboutissement.
Près de 60% de femmes actives en République Démocratique du Congo trompent leurs maris.
Le 30 avril et le 1er mai de chaque année en RDC marquent respectivement les fêtes de l'enseignement et du travail. Mais selon un constat, les milieux professionnels et de l'enseignement primaire et secondaire sont atteints par le mal bien connu, et cela reste entouré d'indifférence. Et ce mal, c'est le harcèlement sexuel dont sont victimes beaucoup de femmes en échange de leur réussite professionnelle ou estudiantine. Pendant que le viol est régi en infraction par des textes légaux sur le plan pénal, il n'existe aucune loi protégeant la victime du harcèlement en RDC. Le code du travail en RDC en parle, mais dans les pays occidentaux, une législation pénale appropriée sur cette infraction a été établie. Le secrétaire général de l'Ocdh, l'Observatoire congolais des droits de l'homme, Maître Diku Mpongola, déclare que le harcèlement sexuel est une violation du droit de l'homme portante atteinte à la dignité de la personne humaine. Et selon lui le harcèlement sexuel n'a aucune définition en droit congolais. Mais la commission antérieure du droit de la personne du Canada le définit comme étant " le comportement d'une personne qui vous importune par des paroles ou agissements qui indisposent ou par des remarques ou suggestions à connotation ou bien d'appartenance sexuel. Par exemple, toucher quelqu'un d'une façon inappropriée peut vraiment l'indisposer.
Mais, le nouveau code du travail du 16 octobre 2002 de la RDC, en son article 73 parle du harcèlement sexuel sans toutefois le définir. La nouvelle constitution du 4 avril 2003, article 44 alinéa 3 en parle en désignant seul l'enfant et non l'adulte. Comparativement à la loi française n°92-1179 du 2 novembre 1992 relative à l'abus d'autorité dans les relations du travail en matière sexuelle qui dispose qu'un salarié ne peut être révoqué pour refus de céder sexuellement sur proposition de certaines faveurs. Ce texte met en exergue les relations entre l'employé et l'employeur. Combien de femmes ont-elles perdu leur poste en RDC pour avoir résisté aux avances des certains chefs ?

Etant donné que le droit congolais ne prévoit pas le harcèlement sexuel comme une infraction pénale, la victime ne peut donc pas saisir le juge pénal. Néanmoins elle peut uniquement saisir le juge de travail comme le nouveau code du travail le lui permet.
En se référant au viol, ce dernier est défini comme étant un rapport sexuel sans consentement en usant de la violence d'une menace ou de la ruse. Un rapport sexuel avec une mineure (personne de moins de 13 ans) même avec son consentement est considéré comme un viol. Sa sanction est une peine de prison ferme allant de 5 à 20 ans. Et en cas de décès de la victime, la peine de mort ou de servitude pénale à perpétuité peut être appliquée. Et pourtant, le harcèlement sexuel sévit plus que le viol. Et il y a une difficulté pour prouver qu'il y a eu harcèlement sexuel. Car il ne s'agit pas seulement de dénoncer, il faudrait apporte les preuves, les faits déclarés, d'où, la délicatesse du gros problème.
Les milieux de prédilection de ce phénomène sont principalement les milieux professionnels, universitaires et voire même scolaire. Dans le premier cas, les femmes professionnelles sont malmenées, qu'elles soient mariées ou célibataires, pour leur promotion. Et combien de femmes n'ont pas pu être engagées par leur refus de céder aux avances d'un chef qui promet l'engagement. Dans le second cas, les jeunes filles étudiantes ou voire même les filles à l'âge scolaire, pour passer des classes supérieures, sont harcelées. Leur refus bien entendu entraîne l'échec. Pendant la période des examens (sessions), beaucoup d'étudiantes sont recalées pour ne pas avoir cédé aux avances d'un professeur. Aussi, nous nous retrouvons avec un grand nombre des filles sans diplôme à cause de ce fléau.
Malheureusement, les femmes et jeunes filles de la RDC victimes du fléau craignent de dénoncer leurs agresseurs soit par ignorance de la signification du harcèlement sexuel, soit par ignorance de leur droit, soit par pudeur, soit par le poids des coutumes et traditions, soit par peur d'intimidation de leur bourreau, le problème de sexe étant un tabou en milieu bantou.
Nous souhaitons qu'un effort d'éducation et de conscientisation soit fait de la part des Ong de la RDC et de l'extérieur pour un changement de mentalité de l'opinion congolaise dans le refus de banaliser cette situation trop déplorable et dégradante.
Nous devons aider les victimes à dénoncer ces actes odieux et méprisants. Le législateur congolais devrait prendre en considération le harcèlement sexuel en le définissant et en le prévoyant en tant qu'infraction à travers des textes légaux sur le plan pénal en milieu professionnel, scolaire, universitaire et partout où il y a un groupement social. La société mondiale en général, et congolaise en particulier ne doit plus banaliser ce ce phénomène.
Voici un témoignage recueilli en plein centre ville de Kinshasa :

De Mme M.L. 38 ans : Je travaillais depuis 16 ans comme infirmière à l'Hôpital Général de Kinshasa et j'en suis pratiquement à ma sixième affectation. Je considère maintenant la plupart des hommes comme des brutes, incapables de contenir leur appétit sexuel. Devant les femmes qui apparaissent à leurs yeux comme des objets qu'on peut jeter après usage. J'ai commencé très jeune dans un cabinet médical. Il paraît que j'ai une poitrine et des postérieurs provocants mais je ne fais rien du tout qui puisse attirer l'attention des hommes. Dès le début, mes patrons m'ont harcelé pour coucher avec eux. La première fois que j'ai cédé, je me retrouvais souvent punie, suspendue, humiliée et révoquée. Pour être embauchée dans une société de la place, on me soumettait à la condition du sexe que je refusais. Et je ratais l'emploi. Plusieurs médecins directeurs, chefs du personnel, comptables, m'ont harcelé même après mon mariage. Dieu merci, j'ai trouvé de l'emploi ailleurs où je ne suis plus harcelée. Pourquoi ? Tout simplement parce que mon patron, c'est mon mari !

Ce témoignage vrai en dit long ! Nous espérons que dans un proche avenir les Ong devront travailler dur pour l'éducation et le changement de mentalité de notre société. Si nous voulons évoluer pour sortir du sous développement et de la pauvreté, ce fléau doit à tout prix être combattu.

Pour tout renseignement:Ecrire à samyz