LA PRODUCTION PORCINE EN REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO


Depuis plus de trois décennies, la production porcine en RDC est concentrée entre les mains de producteurs privés (villageois, industriels et moyens). Contrairement à l'élevage bovin où cohabitaient les privés et les structures étatiques telles que l'ONDE (Office Nationale de Développement de l'Elevage).
Une enquête récente (2001) du ministère de l'Agriculture et de l'Elevage, donne une estimation de 20 à 25.000 porcs en RDC, alors que la ville de Kinshasa, capitale de la RDC, aurait ,à elle seule, entre 8 et 10.000 porcs.
Il faut noter que l'élevage porcin quitte de plus en plus le " village " et " l'industriel " pour s'installer dans des exploitations de taille moyenne en milieu urbain et périurbain. Ainsi, trois principaux types d'élevages cohabitent en RDC.
Il y a d'abord les petites fermes unifamiliales ou communautaires (villageoises ou urbaines). Leur cheptel va de 2 ou 3 porcs à une quinzaine. Ces fermes appartiennent généralement à un individu, une famille, une Ong ou un regroupement de producteur. Le logement est très rudimentaire, précaire. Quelquefois, un chantier (maison inachevée) ou une pièce de l'habitation familiale servent de logement pour les porcs. Les porcs de ce type d'élevage sont généralement dégénérés, vu le haut degré de consanguinité. Mélange incontrôlé de races locales et importées, ces porcs ont des performances fort faibles en matières de prolificité et de production de viande.
L'alimentation fournie est déséquilibrée car constituée par la dreche, du son de blé et autres tourteaux palmistes sans apports de complements minéraux vitaminés (CMV). Parfois, les restes de l'alimentation humaine et quelques fourages sont les seuls repas à la portée du cheptel.
Ces élevages sont généralement considérées par leurs propriétaires comme une " epargne sur pied " et les ponctions se font en fonction des événements (rentrée scolaire des enfants, mariage d'un membre proche de la famille ou son hospitalisation...), Le suivi du cheptel est assuré par la famille elle-même ou un membre de l'organisation dans le cas des ONG. Le cheptel ne fait l'objet d'aucun suivi sanitaire.
Le second type de l'élevage qu'on peut qualifier de " moyen " est généralement l'œuvre d'une personne qui possède une vingtaine à une centaine de porcs, voire plus. Un ou plusieurs ouvriers agricoles employés à plein temps s'occupent de la porcherie et un assistant vétérinaire (ou médecin) passe régulièrement pour le suivi sanitaire du troupeau. Quant à l'alimentation, elle est généralement dépendante des moyens du promoteur, mais peu sont ceux qui utilisent régulièrement les aliments des Usines d'Aliment Bétail (U.A.B). Par manque de fonds de roulement, le fermier passe aisément de l'aliment commercial à la drèche et son de blé entraînant ainsi des déséquilibres et des baisses de gain quotidien moyen (G.Q.M) assez marqué.
Dans ce cas, il existe un certain programme de développement de l'élevage sans pour autant être trop rigoureux. Les animaux sont vendus à divers âges et les choix des animaux de départ ou de renouvellement n'est pas strict. Au fil des accouplements successifs, on agrave généralement le problème de consanguinité. Et les animaux sont vendus habituellement sur pied au client.
La troisième catégorie d'élevage se retrouve aux abords des grandes villes, voire en son sein (Sebou ou Prieuré à Kinshasa/Kimwenza, S.A.B, et Number One à Lubumbashi, exception faite à JVL situé à plus de 150 km de Kinshasa). Ce sont souvent des entités intégrées, allant de l 'élevage à la boucherie-charcuterie, en passant par l'abattoir et la découpe. Ces fermes possèdent d'une centaine à quelques milliers de porcs. L'aliment utilisé provient des commerces ou des unités de fabrication propres à la ferme. Cet aliment est bien équilibré.
Le suivi sanitaire et zootechnique est rigoureux. Les performances de production et reproduction sont recherchés et on veille à renouveler régulièrement les géniteurs afin d'éviter la consanguinité. Une bonne partie des produites et valorisée en charcuterie.
Malheureusement, la situation socio-économique avec le non accès aux crédits pour le secteur agropastoral, les guerres et pillages, les épidémies et autres catastrophes et la concurrence de plus en plus forte de produits carnés importés, subventionnés dans leur pays d'origine ont mis à mal le secteur. On retrouve donc actuellement de nombreuses fermes porcines à l'arrêt aux abords des grandes villes (allusion aux fermes Kitobola, Massamba Fils, Dokolo, etc...)
L'Etat Congolais a donc essayé via des projets spécifiques de reprendre, réhabiliter et relancer certaines de ces entités (Fepakin, Fepalu, Fepik, etc...) avec des succès divers selon les cas.
Par une politique volontariste visant à permettre l'accroissement de la production nationale, il y a de plus en plus d'éleveurs et ils seraient encore plus nombreux si le coût élevé de l'aliment porcin (0,45 à 0,52 USD/kilo), le manque de crédit à l'investissement et de fonds de roulement n'étaient pas un handicap.
IL est donc nécessaire que tout soit mis en œuvre pour baisser le coût de l'alimentation et importer des géniteurs en R.D.C, sans oublier de mettre des crédits à dispositions des fermiers. Un avenir radieux du secteur de la production porcine peut dans ce cas être envisagé.
Le défi est donc lancé aux ong.

Pour tout renseignement suplémentaire:ecrire à samyz