Connaître objectivement les nouvelles en tous domaines est une nécessité vitale pour l’esprit humain. En premier lieu parce qu’il est évident que toute réflexion, tout progrès intellectuel et matériel ne peuvent se développer correctement s’ils n’ont pour base une information juste dans ses éléments aussi bien que dans ses proportions le meilleur stratège est paralysé sans son service de renseignements ; le savant doit patiemment établit et vérifier les faits avant de chercher à les comprendre ; le voyageur a besoin de cartes et de guides chacun de nous, dans ses mouvements, dans ses recherches, dans ses luttes, est déterminé par la qualité comme par la précision des données sur lesquelles il s’appuie. Plus la vie sociale se diversifie et plus elle s’ouvre à des domaines nouveaux, plus aussi se fait sentir l’absolue nécessité d’une information à la fois générale et spécialisée. Il n’est pour ainsi dire pas un aspect de la vie humaine réfléchie qui puisse se développer harmonieusement sans une constante référence aux acquisitions antérieures et parallèles.
Le besoin d’une information riche et permanente n’est pas limité à ces aspects utilitaires. En faisant s’interpénétrer les différents groupes sociaux, l’information contribue largement à constituer la société en tant que telle. Elle donne un sens à chaque destin individuel en référence au destin collectif. Si les nouvelles sont faussées ou incomplètes, les structures dans lesquelles nous nous insérons en seront affectées les assimilations, comparaisons ou oppositions qui seront faites à partir de données inexactes se trouveront gravement perturbées. En revanche, un riche courant de faits informant les personnes et les groupes permettra l’épanouissement d’une société communautaire à l’échelle de la planète.
Être informé n’est donc pas un luxe. C’est une nécessité et c’est un droit. Voilà pourquoi l’Assemblée générale des Nations Unies, en adoptant, le 10 décembre 1948, la Déclaration des droits de l’homme, y a inséré le droit à l’information sous la forme suivante : art.19 : « Toute personne a le droit à la liberté d’opinions et de réflexion, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considération de frontière, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit. »