« Sanga » est l’un de ces mots Bantous dont la traduction s’avère très difficile à réaliser en français. C’est le nom d’une maladie, très redoutée en Afrique. Elle frappe les enfants en bas âge qui se nourrissent principalement du lait maternel.
Il n’ y a guère longtemps, presque au début des années 90, la simple évocation du mot « Sanga » suscitait une honte terrible dans les foyers et ménages car cette maladie, mortelle 3 fois sur 4, était causée, disait-on, par le comportement coupable de la mère qui allaitait un bébé.
Pour certains « modernistes », ce n’était là que « vieilles fariboles » destinées à « tenir » les femmes. Cependant, même au sein des ménages qui se voulaient émancipées et
« civilisées », les incartades sexuelles de l’épouse, voire du mari, se soldaient presque toujours par la déperdition physique de l’enfant.
Vous avez dit « mythe » ?
Pour les bantous, le « Sanga » n’est pas un simple mythe. Puisque trop fréquemment, l’incontinence sexuelle de l’un ou l’autre conjoint avaient de fatales répercussions sur le nouveau – né. C’est pourquoi les matrones recommandaient aux jeunes mariées de faire attention à leurs trop fougueux maris : » Si tu as le moindre doute sur son sérieux, ne le laisse pas toucher ton enfant ! »
Elles ajoutaient par ailleurs et de façon régulière : « S’il t’approche, résiste-lui, encore et encore. S’il récidive, parles-en à ses tantes : il y va de la vie de ton enfant ».
Ces recommandations, maintes fois répétées, concernaient toutes les femmes
Aussi bien de la haute bourgeoisie que celles des plus basses classes de la société.
Alchimie des relations sexuelles.
Pour le « Muntu », l’alchimie des relations sexuelles demeure l’un des plus puissants mystères de la Création. Dans ce contexte, aucun homme de science n’a établi la relation entre les relations sexuelles d’un homme et cette subtile métamorphose qui s’opère en lui jusque sur ses mains, et qui se traduit par des poisons puissants capables de faire dégénérer physiquement un petit être humain.
Quant aux rapports sexuels entre le père et la mère d’un bébé, c’est encore plus simple : on sait, de façon scientifiquement sûre que le sperme éjaculé par l’homme pénètre jusqu’au lait maternel que consomme le nouveau –né. Peut-on scientifiquement affirmer que la consommation des composantes du sperme dans le lait maternel est sans danger pour un bébé ? A notre connaissance, aucun homme de science sérieux ne se hasarderait à une affirmation si riche de conséquences dangereuses.
« Libération sexuelle » ?
Actuellement, à Kinshasa, comme en Provinces, les jeunes des deux sexes se croient libres de n’en faire qu à leur tête. « C’est la démocratie », clament –ils !
La conséquence donne des frissons : selon des sources concordantes, près de 25 % des naissances, dans les villes comme dans les campagnes, sont l’œuvre des jeunes filles dont l’âge varie entre 12 et 17 ans. Donc : des mineures. Dans le même registre, il apparaît clairement que les garçons accèdent à la paternité de plus en plus tôt. On a vu des jeunes de 15 ans engrosser des fillettes de leur âge. Voire moins…
Mais, les jeunes ne sont pas les seuls coupables : des adultes des deux sexes se font un point d’honneur de séduire des mineurs, garçons comme filles. Dans la Capitale Congolaise, il est fréquent de rencontrer des femmes au bord de la ménopause, et qui promènent fièrement des bébés qu’elles ont eu avec des « hommes » de moins de 20 ans !
Mortalité élevée des moins de 12 mois.
Le corollaire à cette folie collective est l’accroissement alarmant des décès pour les enfants dont l’âge oscille entre 0 et 12 mois. Plus grave encore, les MST (Maladies Sexuellement Transmissibles) causent des ravages énormes au sein de la Jeunesse. Puisqu’il est établi qu’elle touche déjà près d’un sixième de la population entre 17 et 35 ans.
Cette dépravation des mœurs a d’autres désagréments. Notamment, la recherche éperdue d’argent, en quantités toujours plus croissantes, afin de satisfaire une libido devenue insatiable.
Sonnette d’alarme.
La situation préoccupe au plus haut point différentes Associations caritatives, autant dans les villes que dans les campagnes. A Kinshasa même, plus de 85 £ des Eglises, Conventionnelles ou / ou locales, se sont engagées à corps perdu dans la moralisation de leurs ouailles. Mais elles rencontrent de sérieuses résistantes, du fait notamment d’une campagne effrénée menée par les tabagistes et les sociétés brassicoles locales, appuyés (à coup de dollars) par les groupes musicaux les plus en vogue, et certains médias. C’est ici que, à mon humble avis, doivent intervenir les pouvoirs publics. Seuls capables de ramener à la raison ceux qui confondent inconsidérément le corps humain à une vulgaire machine à distiller du plaisir charnel. Or, la situation a atteint un point qui dépasse les compétences et les énergies des seules « bonnes âmes ».
Quant au « Sanga », les gens prudents préfèrent l’abstention au risque de voir dépérir leurs bébés. Comme l’ont dit à juste les philosophes de l’Antiquité : dans le doute, abstiens – toi ».
A Kinshasa et en Provinces, de même qu’en Angola et au Congo – Brazzaville limitrophes, seules les têtes brûlées négligent ce précepte ; puisqu’il n’est nullement prouvé que l « Sanga » ne serait qu’un « mythe ».