Russomania
Cela commence par deux amies russes qui étudiaient à l'école avec moi et qui m'ont éveillée progressivement et sans que je m'en aperçoive à la découverte de leur culture. Puis à 18 ans, je visite Moscou ou mon amie Nadia est retournée pour y poursuivre ses études. Mon coup de foudre pour cette ville, ce pays et ses habitants me font apprendre le russe d'abord en dilettante puis sérieusement aux Langues Orientales à Paris. L'idée que je pourrais utiliser le russe dans mon parcours professionnel commence à germer. En octobre 2003, je pars étudier 6 mois à Moscou grâce à une bourse du Ministère des Affaires étrangères français. J'accomplis alors le rêve d'aller étudier en Russie mais ma vision idyllique de ce pays est entachée lorsque je suis amenée à y vivre au quotidien: désespoir ambiant, individualisme poussé, fatalisme et xénophobie de groupuscules skinhead me montrent l'autre face de cette culture. Si ma première réaction est un rejet total, je redécouvre néanmoins les aspects qui m'avaient au début attirés et repars avec une vision plus contrastée de ce pays. J'y ai aussi appris qu'ailleurs ce n'est pas toujours mieux.
Développement rural
Une fois rentrée au pays, je reste dans la sphère russophile en participant au festival Est-Ouest à Die dans la Drôme en tant que traductrice (au pied levé) pour une délégation russe. Contrairement à toute attente, ce n'est pas vers la culture que je me tourne mais vers l'agriculture, découvrant autant sur les problèmes de l'agriculture russe que ceux de l'agriculture française. Je reste en contact plusieurs années avec les fermiers diois qui nous ont accueillis et la délégation russe dans l'espoir de faire naître un projet. Ce projet n'aura pas lieu mais cette expérience m'incite à me tourner vers des études de développement rural.
Premières expériences professionnelles en Arménie
Je dégote un premier stage à la Mairie de Romans, toujours dans la Drôme, pour travailler avec leur ville de coopération en Arménie: Vardenis. Le fait que je parle russe et que je connaisse la culture post-soviétique n'y est pas étranger. J'ai plusieurs fois l'occasion de partir là-bas mais à chaque fois cela tombe à l'eau. Plus tard, en 2007, alors que je dois trouver un stage pour valider ma formation en développement rural, je trouve une mission en...Arménie. Je pars enthousiaste mais l'expérience sera très différente de celle que j'attendais. En tout cas, elle aura été l'une des expériences les plus marquantes de ma vie. Finalement, une fois mon stage terminé, je me mets à la recherche d'un travail sur place et je rencontre l'association suisse romande Kasa. Je vais y travailler un an en tant que volontaire pour des projets de développement dans l'agriculture, mais aussi le social et le tourisme.
Une carrière qui décolle vers des sommets...olympiques?
Après un an parmi l'association KASA à Gyumri en Arménie, je suis partagée entre rester 6 mois de plus dans un pays qui m'a beaucoup donné et beaucoup appris sur moi-même ou bien rechercher un nouvel emploi qui me permettra cette fois d'avoir droit à un véritable salaire et de cotiser dans mon pays. Par chance, je trouve un emploi qui correspond très bien à mon parcours. Je pars travailler pour le compte de la station de ski des Houches (près de Chamonix, en Haute-Savoie) qui a passé un accord de coopération avec sa ville jumelle Krasnaya Polyana, station de ski située près de Sochi en Russie. Krasnaya Polyana va accueillir toutes les épreuves de ski lors des Jeux olympiques d'hiver qui auront lieu en 2014. Les Houches ont proposé de mettre en oeuvre plusieurs axes de coopération comme la structuration du tourisme à travers la création d'un Office de tourisme et le transfert de compétences en termes d'organisation de compétitions internationales de ski. Me voilà donc repartie en Russie jusqu'en 2014! Mais les choses ne se passent décidément jamais comme prévues. Les autorités locales sont peu coopérantes et nous mettent même des batons dans les roues. Le projet s'arrête finalement en 2010 et j'opère mon grand retour en France.
Toujours un pied dans le développement durable et solidaire
Après une expérience en Russie qui s'est avérée riche mais éprouvante, je suis heureuse de revenir en France. Le marché de l'emploi n'est pas au beau fixe et j'ai beaucoup de difficultés à trouver un emploi dans le domaine associatif ou de la coopération décentralisée. Mon profil est assez atypique et très orienté pays de l'Est... Je trouve donc un emploi d'assistante commerciale dans une entreprise. Serais-je revenue à la "raison" après une trépidante période de projets et voyages un peu fous ? Non! Même si je ne puis malheureusement pas vivre de ma passion, je désire garder un lien avec le monde du développement et l'Arménie, pays qui m'a beaucoup apporté. Fin 2010, je décide avec une amie de me lancer dans un projet de tourisme solidaire au Caucase. Depuis bientôt un an, nous sommes passées de la phase de réflexion au voyage d'étude et maintenant à la création de l'association. Ce site permettra de faire partager nos aventures !!