En effet, les pays capitalistes traversent actuellement deux types de crises :
Une crise de la régulation du système économique : Nous sommes actuellement dans une société technicoservicielle de plus en plus exigeante en matière de qualification, ce qui exclu du marché du travail les individus les moins diplômés.
Une crise civilisationnelle : C’est une crise éthique qui met à mal les rapports entre les hommes. La perte de certaines valeurs (solidarité, respect, tolérance…) engendre l’exclusion sociale des personnes les plus vulnérables.
Afin de mieux comprendre la gravité de la crise civilisationnelle, nous pouvons procéder à une comparaison entre deux systèmes différents : Le système capitaliste (le continent européen) et un système exclu « du monde mondialisé » (le continent africain).
Selon L.BERTALANFY dans son ouvrage : La théorie générale des systèmes, les sociétés industrialisées souffrent d’un mal moral lié au fait qu’il y a dé-anthropomorphisation de l’homme moderne.
L’homme moderne est à la fois homofaber (homme-dieu attiré par le tout savoir) et homoéconomicus (attiré par le tout avoir) qui rejette toute éthique. Ce dernier vit dans la virtualité (par le biais de divers moyens tels que la technique, la monnaie, la marchandise et le langage) ce qui l’empêche de percevoir la valeur des relations humaines.
Ainsi, l’homme moderne se caractérise par quatre types de comportements anti-démocratiques :
L’individualisme :
La tentation de l’avoir ne permet pas à l’homme moderne de réaliser le troisième mot de nos frontons : la solidarité. En effet, l’homoéconomicus est individualiste et rentre en compétition avec les autres ce qui génère obligatoirement des exclus. Au contraire, la solidarité, l’entraide, la cohésion sociale font parties des valeurs africaines. C’est bel et bien de l’absence de ces valeurs « non matérielles » dont souffrent les pays occidentaux. De ce fait, l’Afrique pourrait contribuer au progrès de l’humanité en véhiculant de réelles valeurs d’espoir et en contribuant ainsi à la production de valeurs universelles partagées.
L’ablation du juste par la médiatisation :
« Demandez à tous les enfants du village quel est leur modèle ? 99% d’entre eux vont vous répondre leurs parents. » Les propos de ce maître d’école d’Agripakopé au Togo sont éloquents. Dans ce village africain, les parents sont le modèle le plus naturel. Cette communion parent / enfants favorisent la diffusion de valeurs comme le respect, la politesse, la générosité.
Dans les pays occidentaux, les modèles adulés par les jeunes sont médiatisés, préfabriqué (Zidane, les « chanteurs » de la Star Académy…). Cela peut être gênant car ces modèles ne sont pas forcement juste (on leur montre, par exemple, que l’on peut réussir à gagner de l’argent sans le moindre effort).
L’illusion de la compétence :
C’est la principale cause de l’exclusion. Dans nos sociétés « qui a placé largement l’argent au sommet de son échelle de valeur » chacun est apprécié selon sa position fonctionnelle. En revanche, en Afrique, la vraie compétence se situe dans le savoir faire relationnel. Ainsi, une personne sans emploi ne sera (sauf cas exceptionnel) rejetée par la communauté dans la mesure où chaque individu est apprécié pour ce qu’il est et non pour ce qu’il fait.
La violence :
Dans les pays occidentaux, la violence est un véritable fléau. On recense deux formes de violence : la violence contre soi-même (drogue, prostitution…) et la violence contre les autres (qui peut être physique ou verbale). La violence est également présente même si elle paraît plus justifiable (Misère, dictature, guerre civile…).