Dans le cadre du projet Désert fleuri, initié en collaboration avec l'École Coeur-Vaillant de Québec (Canada), Mieux vivre en Afrique a effectué une tournée dans le département de Tengrela.
Le Conseil général du département de Tengrela a financé la mission. Mieux vivre en Afrique était accompagné du Directeur et du Sous-directeur du Développement humain de Conseil général de Tengrela.
Sur le terrain, Entente et développement, une ONG de Tengrela, a servi de guide à la mission.
Pour Mieux vivre en Afrique il s’agissait de prendre contact avec les bénéficiaires ciblés par le projet, en particulier les femmes, mais aussi de s’imprégner des réalités du département afin d’apporter, éventuellement, un soutien complémentaire.
Nous sommes allés à Néguépié, Djénakani, Maniasso, Papara, Porou, Beniasso et l’accueil a été partout cordial et chaleureux. Partout aussi un même cri : Ce que vous pouvez faire pour soulager nos souffrances, faites-le!
Le quotidien des populations est lié à celui de l’arbre, comme ce dernier à son écorce. Les distances à parcourir se font de plus en plus longues. Le soleil tape fort, à tout heure du jour. Et la cueillette de cette denrée qui permet de cuire les aliments, de clôturer les jardins pour les protéger des attaques des animaux domestiques ou sauvages, de confectionner les outils aratoires, les enclos des animaux, ne se fait pas sans danger : on n’est jamais à l’abri des morsures de serpent… à moins de mettre le feu au sol… avec tous les dommages que cela cause à l’environnement!
Aussi quand on propose de créer des pépinières de bois qu’on pourra couper, quel soulagement! Un propriétaire terrien du village de Néguépié a été si enthousiaste qu’il a octroyé 4 hectares de terrain pour le projet, invitant les autres à faire aussi leur effort pour la réussite du projet.
Pour ce qui est des foyers améliorés, les femmes sont aussi impatientes. Elles savent bien que l’économie en bois leur facilitera la tâche. À cet avantage se juxtaposent des bénéfices pour la santé : le four permet à la femme de moins se pencher au-dessus de ses marmites et d’avoir la poitrine moins exposée à la chaleur. Les maux de dos et les problèmes respiratoires s’en trouveront réduits.
La possibilité d’envoyer leurs fillettes à l’école est bienvenue et si nous comptons sur les femmes pour convaincre leurs époux, elles comptent aussi sur nous pour les aider dans cette démarche! Or, comme les encadreurs des associations de femmes sont… des hommes, le travail de sensibilisation va commencé, ces derniers ayant compris le bien-fondé de la scolarisation pour tous les enfants. Parce que dans le département, le taux de scolarisation est très faible : nous avons vu plus d’enfants dans les rues, dans les champs, qu’à l’école! Comme premier geste, nous avons donc remis cahiers et crayons aux élèves de l’école primaire publique de Négépié et aux femmes du jardin communautaires de Maniasso. De la littérature a été remise aux encadreurs et bénévoles pour les encourager à poursuivre leur action de même que des affiches pour les soutenir dans la sensibilisation en faveur de la scolarisation.
Par ailleurs, la visite du département de Tengrela nous a emmené dans les jardins communautaires des associations de femmes et sur des parcelles individuelles, regroupées sur un même site.
Dans ces jardins, il nous a été donné de voir des femmes courageuses à l’action dans des champs où la terre a si peu à donner. L’irrigation est faite manuellement par des femmes et des fillettes hautes comme trois pommes. Les motopompes simplifieraient tellement le travail.
Les villageoises espèrent aussi avoir les semences nécessaires à temps pour la prochaine période d’ensemencement. Pour deux hectares de riz, 100 dollars suffisent pour acheter les semences, mais quand on ne les a pas, c’est la sécurité alimentaire de tout le village qui est menacé.
Nous avons aussi visité la plage de Papara, menacée de disparition pour quelques poussières d’or extraites des mines artisanales voisines. Comment ramener les touristes ici, sur cet affluent du fleuve Niger et redonner ainsi des revenus à ceux qui se sont tournés vers la recherche de l’or?
Peut-être que la mise en place d’un véritable réseau touristique dans le département apportera la réponse à ce problème à la fois écologique et économique. En effet, nous avons vu des sites d’un intérêt géologique certain et, au cœur de la ville de Tengrela, subsiste encore la première case de Tengrela et la mosquée des Cissé, dont le dernier des sept fondateurs est mort il y a 350 ans.
Mieux vivre en Afrique a atteint son objectif principal lors de cette mission, à savoir rencontrer les bénéficiaires du projet Désert fleuri, mais son bagage s’est alourdi d’autres projets, dont le développement de l’apiculture, la sensibilisation su VIH-SIDA (nous avons fait un petit détour par l’hôpital et remis des préservatifs pour soutenir les actions de sensibilisation et des affiches pour lutter contre le tabagisme), le soutien à la sécurité alimentaire, la restauration de la mosquée ancienne.
Nous ne pouvons que vous inviter à nous tendre la main et à nous appuyer dans nos actions.
Remerciements
Les chefs traditionnels pour leurs bénédictions et leur ouverture face à notre travail
Les femmes du département de Tengrela et leurs encadreurs pour leur accueil et leur franchise
Monsieur Robert Boudreault pour les cahiers offerts pour soutenir l'alphabétisation et la scolarisation des femmes et des fillettes
Madame Lina Farès et les élèves de l'École Coeur-Vaillant pour le soutien moral et financier du projet
Entente et développement : madame Bamba Traoré, monsieur Siriki Bamba mademoiselle Gniré Ouattara
Radio Binkadi, qui nous a aidé à joindre les populations cibles
Conseil général de Tengrela, présidé par monsieur Koné Tiémoko
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