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| PAUVRETE ET POLITIQUE PHARMACEUTIQUE AU BURKINA FASO |
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de l'info : SANTE ET DEVELOPPEMENT AU BURKINA FASO |
| Posté par donald
le mercredi 07 mai 2003.
Modéré le mercredi 07 mai 2003
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Plan
Introduction
I- Histoire et évolution de la politique pharmaceutique
1.1 Histoire de la Pharmacie
1.2 Histoire de la politique pharmaceutique au Burkina Faso
II- Notion de médicaments au Burkina Faso
III- Droit d’accès aux médicaments
IV- Accès aux médicaments au Burkina Faso
V- Situation épistémologique
VI- Situation anthropologique
VII- Situation sociale
Conclusion
Introduction
Le Burkina Faso est un pays pauvre très endetté situé dans la boucle du Niger en Afrique de l’Ouest. Sa superficie est de 274 200 km ². Sa population est d’environ 12 000 000 d’habitants selon les estimations de l’INSD en 2003[2]. Au Burkina Faso, les indicateurs de pauvreté annoncent que le seuil absolu de pauvreté est estimé à 82 672 F CFA en 2003 avec plus de 46,4 % de la population qui vivent en dessous de ce seuil. De 1994 à 2003, l’indice de pauvreté à augmenter de 2 %. Les plus pauvres s’éloignent davantage du seuil et l’incidence de la pauvreté s’aggrave d’année en année [4].
L’éradication ou la réduction de la pauvreté est aujourd’hui l’une des toutes premières priorités des grandes institutions concernées par le développement humain. Le Fond Monétaire International (FMI), l’Organisation de Coopération et de Développement Economique (OCDE), l’Organisation des Nations Unies (ONU), l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et le groupe de la Banque Mondiale ont défini conjointement sept objectifs internationaux de développement ;
Le premier est de « réduire de moitié le nombre de personnes vivant dans la pauvreté extrême entre 1990 et 2015.
Il est essentiel de noter que trois de ces sept objectifs sont directement liés à la santé : réduire la mortalité maternelle et permettre l’accès aux services de santé génésiques.
L’importance de la santé pour les pauvres transparaît clairement dans les publications des institutions internationales.
Premièrement, la situation sanitaire est presque toujours défavorable aux pauvres. Ils meurent plus jeunes et sont plus malades que la moyenne.
Deuxièmement, les inégalités semblent plus marquées en ce qui concerne les indicateurs de mauvaises santés « objectifs », tels que la malnutrition et la mortalité.
Troisièmement, les inégalités au regard de la santé varient considérablement d’un pays à un autre, même ces variations de pendent elles-mêmes de l’indicateur utilisé.
Quatrièment, les inégalités socioéconomiques au regard de la santé semblent s’aggraver et non s’atténuer [8].
Le médicament, noyau et pilier de la prise en charge thérapeutique de la maladie constitue une denrée commerciale dont la distribution sera influencée par le niveau économique et de développement des pays.
Les études ont montré que les pauvres ont davantage de problème de santé et n’ont pas accès aux médicaments malgré l’existence des politiques pharmaceutiques dans les pays. Ce travail à pour objectif, d’énoncer l’histoire et l’évolution de la politique pharmaceutique, la notion de médicaments au Burkina Faso, le droit d’accès et l’accès aux médicaments, des situations épistémologique, anthropologique et sociale. Avant de conclure, nous proposerons des alternatives.
I- Histoire et évolution de la politique pharmaceutique
1.1 Histoire de la Pharmacie
La maladie existait sur la terre bien avant l’apparition de l’homme. Les découvertes de la paléontologie nous apprennent que nos ancêtres préhistoriques disposaient d’une thérapeutique par la présence de plantes médicinales (le pavot, la valériane, la camevaille…).
Il n’existait pas de politique pharmaceutique. Mais les premiers guérisseurs étaient des sorciers ou des prêtres qui procédaient par incantations ou gestes rituels, la maladie, considérée comme l’œuvre d’un mauvais esprit, ne pouvait être combattue que par un homme doué de pouvoir surnaturels. (Ce pratique pharmaceutique existe toujours au Burkina Faso et est plus disponible aux pauvres et aux conservateurs).
Vers la fin du Vème siècle avant Jésus Christ, Hippocrate se dégagé de l’empirisme et basa sa pratique sur l’observation des symptômes. Galien, médecin illustre né à Pergame en Asie mineure laissa son nom à la Pharmacie Galénique et fit progresser la science et la thérapeutique (le serment des Pharmaciens est appelé Serment de Galien, voire annexe).
Pendant des siècles, médecine et pharmacie restèrent confondus et furent exercées par le médecin qui prescrivait et préparait les médicaments, assisté parfois d’un aide « le pigmentarius ».
Les moines soignaient aussi bien les âmes que les corps de leurs malades. Les soins étaient dispensés dans les couvents qui possédaient une salle d’hospitalisation, un jardin botanique et une pharmacie.
(De nos jours, on trouve toujours de telle situation avec les tradipraticiens au Burkina Faso. Le développement des jardins botaniques est encouragé afin de préserver les espèces rares et mieux organiser la profession au service des populations. Les associations de tradipraticiens sont soutenues par la Banque Mondiale, la Banque Africaine de Développement et d’autres institutions internationales).
Au XIIème siècle, les speciarii, peperari, aromaterii, apothecarii sont vendus dans le commerce. Les charlantants, les colporteurs et les bateleurs proposaient des drogues mystérieuses.
La pharmacie se séparait peu à peu de la médecine dès lors que le médecin devenait dépositaire d’un savoir officialisé par l’institution des études médicales dans les universités en 1220 à Paris et 1272 à Montpellier.
La constitution de communauté d’apothicaires sera à l’origine du caractère réglementé que la pharmacie conserve aujourd’hui. La politique pharmaceutique du Burkina Faso dérive de celle de la France qui prend ses origines depuis les premiers statuts établis dans le midi en Arles, en Avignon et à Montpellier. En 1258, Saint-Louis donna un statue aux apothicaires confirmés par Philippe Le Bel et par Le Roi Jean Le Bon en 1339.
En 1484, Charles VIII promulgua une ordonnance stipulant que « doresnavant nul espicier de nostre dicte ville de Paris ne s’en puisse mosler du fait et vacation d’apothicaire si le dit espicier n’est lui-même apothicaire ». De nouvelles fonctions incombèrent ainsi progressivement aux apothicaires, contrôle de marchandises et surveillances des poids et mesures. La profession se développa malgré les difficultés et les divergences. En 1777, Louis XVI par une déclaration sépara les corporation d’apothicaires et d’épiciers reconnaissant ainsi le monopôle de la vente des médicaments aux seuls membres du collège royal de Pharmacie. Il officialisait ainsi la Pharmacie comme une branche de la médecine nécessitant des études et des connaissances approfondies.
L’organisation moderne de la Pharmacie date de cette époque et durant les périodes révolutionnaires, le mot « apothicaire » disparut au profit de celui de « Pharmacien ». Ce mot vient du mot grec Pharmakon qui signifie remède et poison, celui qui connaît et détient des substances actives dont le pouvoir thérapeutique peut se doubler d’une toxicité non négligeable [1].
1.2 Histoire de la politique pharmaceutique au Burkina Faso
Avant la colonisation, les populations vivaient de plantes et de pratiques thérapeutiques un peu semblable à la période historique précédente (1.1). Il n’existait pas une politique pharmaceutique bien définie. L’accès aux médicaments (plantes médicinales ou autres remèdes) était fonction de l’information et de la qualité de la communication entre les individus. Le coût des médicaments était relativement à la portée de tous. Il s’agissait d’un coût très symbolique pour satisfaire les dieux.
Avec l’arrivée de la médecine moderne, le médicament va progressivement se distinguer de valeur traditionnelle à une valeur moderne. Les populations seront confronter aux deux pharmacie : la pharmacie ancienne (utilisée par tous) et la pharmacie moderne (utilisée par les riches ou évolués).
Cette situation va beaucoup influencer la mise en œuvre de politique pharmaceutique au Burkina Faso. La pharmacie moderne se développa petit à petit mais elle restera très loin des populations rurales ou indigents. Jusqu’à nos jours, le coût du médicament, la politique pharmaceutique en cours n’a pas résolut le problème de l’accès aux plus pauvres aux médicaments. Malgré les multiples efforts fournis pour assurer l’accessibilité du médicament à tous, beaucoup de gens restent sans solution en cas de maladie [2].
Le gouvernement a défini une politique pharmaceutique nationale et s’engage à :
1-garantir la disponibilité des médicaments essentiels génériques (MEG) dans les structures de distribution et de dispensation du secteur public,
2- développer la distribution de MEG par le secteur privé,
3- développer et réglementer le circuit de distribution des médicaments,
4- renforcer le système d’assurance de la qualité des médicaments y compris les médicaments traditionnels améliorés,
5- offrir les médicaments à moindre coût
6- promouvoir l’usage rationnel des médicaments
7-ameliorer la gestion du secteur pharmaceutique
8-developper les ressources humaines du secteur
9- promouvoir la recherche dans le secteur pharmaceutique.
Le secteur pharmaceutique, malgré sa faiblesse en ressources humaines reste sous le contrôle et le monopole des pharmaciens. La profession est organisée dans le cadre de l’ordre national des pharmaciens. Des structures chargées de la mise en œuvre de politique pharmaceutique furent instaurées. C’est le gouvernement qui décide en ce qui concerne les prix des MEG dans e secteur public ou privé à but non lucratif. L’autorité de réglementation pharmaceutique plus les acteurs du terrain procèdent à une révision annuelle des prix. Cette révision fait l’objet d’un arrêté ministériel dans le secteur public et privé à but non lucratif.
Dans le secteur privé, plusieurs sociétés grossistes repartiteurs et des distributeurs placés sous la responsabilité de Pharmaciens, assurent la distribution des spécialités pharmaceutiques et des génériques. Et pour la distribution, les Pharmaciens peuvent être propriétaire d’une officine pharmaceutique.
Les principaux textes qui régissent le secteur de la Pharmacie au Burkina Faso sont les suivant :
Loi n°23/94/ADP du 19 mai 1994 portant Code de la Santé Publique [43]
Décret n°2000-037/PRES/PM/MS du 11 février 2000 portant organisation et fonctionnement de l’Ordre National des Pharmaciens du Burkina Faso
Arrêté n°2000-249/MS/CAB du 23 juin 2000 portant règlement intérieur de l’Ordre National des Pharmaciens du Burkina Faso
Décret n°97-049/PRS/PM/MS portant code de déontologie des pharmaciens du Burkina Faso
Décret n°2000-008/PRES/PM/MS portant organisation de la Pharmacie Hospitalière
Décret n°2000-009/PRES/PM/MS portant création, attributions, composition et fonctionnement d’une Commission Nationale de Médecine et Pharmacopée Traditionnelles
Décret n°2000-010/PRES/PM/MS portant création, attributions, composition et fonctionnement de la Commission Nationale du Médicament
Décret n°2000-011/PRES/PM/MS portant réglementation de l’importation, de la détention et de la vente des consommables médicaux
Arrêté n°2000-068/MS/CAB portant conditions d’ouverture et d’exploitation des établissements pharmaceutiques de vente ou de distribution en gros
Arrêté n°2000-069/MS/CAB portant conditions d’ouverture et d’exploitation d’un établissement pharmaceutique de préparation [16]
Décrets N° 2002-464/PRES/PM/MS portant organisation du ministère de la santé.
II- Notion de médicaments au Burkina Faso
En France, la loi du 21 Germinal au XI (11 avril 1803) et quelques décrets promulgués du XIX ème siècle avaient imposé un cadre législatif au parcours du médicament. Le cadre législatif imposé est indiqué dans les articles 32 et 36 de la loi du 11 avril 1803, les décrets du 14 juin 1805, 18 août 1810 et 3 mai 1850.
A partir de 1850, le médicament légal répond au moins à l’une des quatre exigences suivantes :
appartenance au codex (préparation officinale)
prescription par un médecin (préparation magistrale)
publication par le gouvernement
approbation et publication dans le bulletin de l’Académie de médecine.
Ainsi, la « spécialité pharmaceutique » répond-elle dès lors à des critères précis : c’est un médicament préparer et conditionné à l’avance qui n’est ni prescrit par un médecin, ni inscrit au codex, mais dont la formule a été approuvée par le gouvernement ou l’Académie de médecine [3].
On entend par médicament, « toute substance ou composition présentée comme possédant des propriétés curatives ou préventives à l’égard des maladies humaines ou animales ; ainsi que tout produit pouvant être administré à l’homme ou à l’animal en vue d’établir un diagnostic médical ou de restaurer, corriger ou modifier leur fonction organique… ».
Au Burkina Faso, le médicament est d’origine française s’elle est moderne et d’origine traditionnelle. Bien que le médicament moderne occupe une place importante dans la politique pharmaceutique, on ne pourra exclure la présence de la médecine t pharmacopée traditionnelle qui restent la plus disponible pour les populations pauvres. En plus le taux de fréquentation des formations sanitaire reste faible (34 %) indiquant que la médecine traditionnelle occupe une place importante dans la prise en charge des maladies.
III- Droit d’accès aux médicaments
La loi française du 4 mars 2002 relative aux droits des patients est l’indicateur de l’abandon de l’idée que seules des règles spécifiques auraient vocation à régir les rapports des médecins avec leurs patients en recouvrant explicitement aux principes généraux applicables aux relations des personnes entre elles, cette loi a pour conséquence que ce sont dorénavant les règles de droit commun qui déterminent la situation de la « personne malade »[10]. Ce qui indique l’importance de la santé pour tous.
Au Burkina Faso, la constitue du 2 juin 1991 stipule dans son article 2, la protection de la santé et de la sécurité des citoyens. Le droit d’accès aux médicaments est aussi un droit géographique, financière et même d’autres facteurs externes. Le gouvernement fait l’effort avec le soutien de l’OMS et de certaines institutions, de permettre à toute la population d’avoir accès aux médicaments.
3.1 Accessibilité financière
Avec la libéralisation de l’économie, le système de fixation des prix a tellement évolué que partout au Burkina Faso les produits de première consommation sont devenus encore plus chers. Malgré tout, les pharmaciens s’organisent pour l’harmonisation des prix du médicament dans tout le pays. Malgré l’instauration des génériques, il reste des classes de spécialités pharmaceutiques qui sont financièrement inaccessibles. En 1982, un ouvrier burkinabé qui perçoit 114 f par heure de travail doit consacrer deux heures de son salaire mensuel pour se faire une boite d’aspirineâ effervescent.
En 1985, il lui faut trois heures pour avoir la même boite de médicament. Ces exemples montrent que dans notre pays le médicament au prix auquel il est vendu correspond à un véritable investissement plus qu’à un bien de consommation...[2].
De 1985 à 2002, tout a changé, le niveau de vie des populations a connu des variations remarquables avec une baisse de leur pouvoir d’achat. Un grand pont s’est installé depuis la dévaluation du franc cfa entre le consommateur et tous les produits de première nécessité. Aussi certains consommateurs du pays sont agricoles. Leur niveau de vie dépend beaucoup des saisons agricoles. Les mauvaises variations de ces saisons agricoles aggravent la misère. Les populations deviennent de plus en plus pauvres. L’Etat se désengage totalement et la misère augmente dans les villes et campagnes du pays. Le plus faible taux de consultation se rencontre chez les ménages d’agriculteurs, de chômeurs, d’inactifs, de bénévoles et d’apprentis. Cette partie de la population se rencontre plus dans les zones rurales et vivent en dessous du seuil de pauvreté.
C’est ainsi que cette population est obligée de se fournir les médicaments sur le marché de la rue. C’est un marché de proximité et qui affiche des prix abordables. Comme nous allons le voir dans notre étude cette alternative n’est pas sans danger [2].
3.2 Accessibilité géographique
Au Burkina Faso, 30 à 60 % de la population ont régulièrement accès aux médicaments essentiels [2]. La présence des structures pharmaceutiques est assez bonne pour assurer une disponibilité géographique du médicament. On dénombre plusieurs structures de ventes de médicaments essentiels et génériques. Soit un ratio d’environ 1/ 9248 habitants. Chaque structure de vente peut couvrit une surface de 21,49 km². Soit un rayon de 2,781 km.[2]
Ces structures sont des pharmacies et des dépôts pharmaceutiques. Avec 53 districts sanitaires et les dépôts répartiteurs de district, la distribution est assez bonne et le coût nettement accessible. D’autres dépôts de MEG se trouvent dans les dispensaires du pays.
Les associations, les missions religieuses ont aussi des dépôts de vente de médicaments.
La localisation géographique de ces différentes structures pharmaceutiques contribue à l’accessibilité aux médicaments.[2]
V- Situation épistémologique
Le médicament est l’un des produits de consommation les plus précieux qu’un pays a le lus besoin pour le bien être de sa population. Compte tenu de la rigidité des règles de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) et vue que la politique du médicament est un carrefour d’une grande question, on peut se demander s’il y aurait une possibilité d’une grande industrie pharmaceutique régionale africaine ?
Les accords sur le commerce ADPIC obligent les pays membres de l’OMC à appliquer certaines règles de protection des Dépôts Préalable d’Importation (DPI). Tout comme les brevets, les marques déposées sont octroyées par un pays ou une région [5]. Toute la région ouest africaine réunie pourrait constituer un marché pharmaceutique qui aura une indépendance vis-à-vis des firmes extérieur.
Le développement de la pharmacopée traditionnelle ne permet pas encore une politique pharmaceutique indépendance. La pratique traditionnelle de la prise en charge thérapeutique de la maladie est identique à la période des apothicaires. Le développement de médicaments locaux souffre de la concurrence, de l’absence de volonté politique et d’engagement fort pour l’autosuffisance nationale ou régionale dans le secteur pharmaceutique.
Malgré ces insuffisances, des pharmaciens isolés comme le Dr DAKYO ont développé des présentations de médicaments locaux qui se distribuent dans le circuit licite. On y trouvent des sirops, des comprimés, des pommades et des parties de plantes pour infusion. Cette petite production se développe petit à petit.
De façon générale, les politiques pharmaceutiques de nos pays souffrent de la corruption et de l’insuffisance de personnel compétent pour leur mise en œuvre.
La pauvreté, le manque de volonté, les habitudes coutumier et religieux encouragent la corruption et gênent le développement de la pharmacopée locale. Comment avoir les renseignements avec les meilleures tradipraticiens alors qu’au paravent l’administration publique avait réprimé ces mêmes tradipraticiens ?
Au début de la pharmacie moderne, la pharmacopée traditionnelle était délaissée. De nos jours l’OMS, la banque mondiale et d’autres institutions encouragent le développement de la pharmacopée traditionnelle. Les meilleurs tradipraticiens qui protègent leur connaissance et se rappelle du début, sont très réticent. Le manque de moyen financier pour acheter les médicament licite poussent une autre partie de la population à consommer des médicament de la rue (médicament de contrefaction)[2]. Sur ce marché de rue, on trouve des médicaments licites et des médicaments illicites. Comment faire comprendre à une population analphabète que les pharmaciens ne sont pas complices de ce marché ? Surtout que les pharmaciens désertent leur officine et les vendeurs en pharmacie ou dans les dépôts ne sont pas mieux formés que ceux de la rue ?
Avec les accords ADPIC, la politique pharmaceutique est entre le marteau et l’enclume. Quelle sera la politique idéale pour les populations pauvres ?
VI- Situation anthropologique
Malgr2 que toutes les voies d’administration soient indiquées pour tous pour la plus part des présentations pharmaceutiques ; il existent des préférences de formes au sein de la population. Les formes sirops sont plus utilisées par les femmes et les enfants. Les perfusions sont préféré parce qu’elles donneraient une force.
Par contre les suppositoires ne sont pas bien acceptés. Le marché pharmaceutique est influencé par des formes pharmaceutiques féminines et des formes pharmaceutiques masculines.
Dans la distribution des MEG, les comprimés sont les plus vendus. Malgré la sensibilisation et les efforts consentis pour mettre les préservatifs à la disposition des populations, on rencontre difficilement des condoms dans les dépôts de village. Les populations ne se soucient pas de l’activité toxique d’un produit. Elles suivent les conseils de qui veut les aider pour la résolution de leur problème de santé. Ce qui encourage sans doute l’automédication et ses corollaires. Le marché illicite se développe au vue et au su de toutes les autorités. Les médicaments sont volés dans les hôpitaux. La sur prescription permet à certain agents de santé de sous tirer les médicaments pour alimenté les circuits illicites et parallèle de vente et de distribution de médicament. Ce marché s’est développé à cause de l’ignorance et la pauvreté. 25 % des médicaments consommés dans les pays pauvres sont des contrefaçons ou des produits de qualité inférieure [6]. Faut-il vraiment se réjouir de l’accord sur l’accès des pays pauvres aux médicaments génériques passé à la veille du sommet de Hong Kong ? la protection de l’industrie pharmaceutique de la concurrence déloyale porte préjudice aux pays pauvres n’ ayant pas les moyens de fabriquer leur propres génériques. La société pauvre est davantage exposée aux conséquences de la contrefaçon [8]. Contrairement à l’Egypte qui dispose d’une industrie de production de générique [7], le Burkina Faso souffre de la dépendance à l’extérieur et sera sanctionner encore par les accords ADPIC et le marché illicite qui déjoue ces mêmes accords.
VII- Situation sociale
L’influence de la publicité des firmes pharmaceutiques sur la prescription, la distribution et la consommation des médicaments est un problème social au Burkina Faso. Elle encourage aussi l’auto médication, l’utilisation irrationnelle de médicament et une mauvaise politique de distribution. Pourtant le médecin ne choisi pas une marque, il prescrit une molécule, le pharmacien ne vend pas un produit, il dispense un médicament. Il y a un contraste entre les textes et la réalité. C’est toujours les plus faible qui payeront la grande tribune. Les pauvres sont appauvris par l’achat de médicaments et l’absence de ces produits leurs rendent encore plus pauvres en cas de maladie. S’il tombe malade, le pauvre tombe davantage dans la pauvreté. Son assurance de vie se limite à l’absence de maladie. Il lui faut assurer le repas quotidien et les besoins primaires. L’absence de moyen adéquat lui amène à avoir un rythme de vie inadapté à la protection sanitaire et l’expose à la maladie. La pauvreté, l’analphabétisme, l’isolement géographique, la fragilité des écosystèmes, la sur dépendance des matières premières d’exploitation et la rapidité de la croissance démographique ( 606 000 naissances par an ) offrent un terrain favorable au développement de la maladie[1]. Malgré l’instauration de l’Initiative de Bamako ( IB ) depuis 1994, avec 13 régions sanitaires, 53 districts sanitaires, 1 central d’achat des médicaments essentiels génériques et consommables médicaux ( CAMEG ) et plus de 800 dépôts pharmaceutiques, on constate une absence de financement public adéquat du secteur de la santé, la mise en commun de ressources communautaires avec pré paiement par les patients pauvres des consultations et la prise en charge thérapeutique de la maladie.
Cette situation va encourager une mauvaise utilisation des moyens disponibles au niveau des familles pour la prise en charge thérapeutique de la maladie. Alors l’automédication devient une habitude et une solution peut-être pour beaucoup de burkinabé. Elle est faite avec des produits venant de toute origine : à l’officine, au dépôt, dans le marché illicite, avec les tradithérapeutes pour les populations extrêmement pauvres ou ignorantes et à l’officine par les autres.
Au Burkina Faso, il y a un pharmacien pour plus de 80 000 habitants. Le pharmacien qu’il soit à l’officine privée ou pas reste le professionnel avertis sur le médicament, la prise en charge thérapeutique et le diagnostique biologique par essence
VIII- Programme Pharmaceutique d’Appui aux populations pauvres (PPB)
L’accès universel aux soins et la couverture en fonction des besoins constitue le premier élément de principe des Soins de Santé Primaire (SSP). A cela, il faut ajouter l’engagement à garantir l’équité en matière de santé dans le cadre d’un développement orienté vers la justice sociale.
La participation communautaire à la définition et à l’exécution des programmes de santé avec une adoption d’approches intersectorielle de la santé constitue un vœu des SSP. Alors les systèmes de santé fondés sur ces principes doivent disposer d’éléments d’information sanitaire suffisamment robustes pour que les besoins sanitaires des populations et notamment ceux des groupes déshérités et marginalisés soient convenablement pris en compte pour que les programmes atteignent ceux qui en ont le plus besoin pour mesurer les effets des interventions et pour évaluer et améliorer la performance [2-8].
C’est dans le cadre de cette amélioration des performances que l’Initiative de Bamako (IB) a été adopté en 1994 au Burkina Faso. L’IB a été mise en place 9 ans après la mise en place des SSP à Alma Ata en 1978. Il fallait privilégier les SSP pour une progression équitable de la santé avec un accent sur les services maternels et infantiles.
L’IB permet une mise en place d’un système de financement par les utilisateurs et un recouvrement des coûts pour constituer un fond auto renouvelable avec l’appui du district et des échelons supérieurs entraînant l’autonomie des services de santé. Alors, la participation communautaire maximale aux activités des SSP est impérative. Malheureusement depuis 2004, soit 10 ans d’adoption de l’IB au Burkina Faso, la participation communautaire reste faible. Aussi, les carences de l’information sanitaire et la pénurie de personnel placent certains systèmes de soins de santé dont l’IB dans une situation périlleuse et menacent la viabilité à long terme de quelques autres. Pour éviter de telle situation en Iran, il a été développé des maisons de santé où les « Behvarzes » ( animatrices ) dispenses des soins de santé de base. Dans ce pays, il existe des systèmes de santé expressément conçus pour protéger les populations pauvres.
Au Burkina Faso, un tel système avait été mis en place au moment de la révolution mais par la suite délaissée. A l’époque le gouvernement avait pour vœux la construction de poste de santé primaire dans tous les villages avec des animatrices formées. Les Centre de Santé et de Promotion Sociale (CSPS) auront des installations nécessaires pour les consultations, les formations en cours des services des agents de santé villageois et les animatrices. La surface de couverture par CSPS devait être de 233 m²[2].
Malheureusement depuis 1994 avec l’IB au Burkina Faso, on constate une faible disponibilité en personnel dans les structures de premier contact hypothéquant la continuité, la permanence et la complétude de l’offre du paquet minimum de soin[2]. C’est pourquoi l’amélioration durable de la demande des soins de santé primaire reste une priorité et exige la définition et la mise en place de nouveaux mécanismes en matière d’accès aux soins [13].
Un PPB sera une suite et peut être une solution à ces problèmes posés. Car dans les soins de santé de base, le personnel paramédical est impliqué pour la mise en œuvre du programme. La présence d’un professionnel du médicament constituera un soutien, un appui et un plus pour atteindre les objectifs fixés. S’il est vrai que depuis Alma Ata, les SSP constituent le pilier de la prise en charge de la maladie dans les pays du tiers monde, il fallait l’IB pour avoir une amélioration de ces prises en charge. L’importance de la mise en place d’un PPB se situe à la suite de l’IB donc des SSP qui malgré leur application ne constituent pas jusqu’à nos jours une solution aux problèmes de santé de base, primitif et élémentaire qu’un peuple doit rencontrer dans ce siècle. Malgré l’existence de dépôts pharmaceutiques, malgré l’existence des MEG, le médicament reste une denrée rare et les maladies d’ordre élémentaire constituent la cause d’un fort taux de mortalité sur l’étendu du territoire national. Ces maladies constituent alors un problème de santé publique et posent toujours une grande question sur la qualité de la prise en charge thérapeutique de la maladie de façon générale en milieu urbain ou rural surtout dans les localités pauvres. Ce programme doit tenir compte des axes du cadre stratégique de lutte contre la pauvreté.
On créera les micro finances, les micro crédits dans les villages. Il faudra aussi former les femmes, les alphabétisées et améliorer le taux de scolarisation. Il faut que chaque village ait une retenu d’eau qui leur permettra d’effectuer des activités agricole et d’élevages pendant la saison sèche. Un petit marché agricole et d’élevage constituera une occasion pour les pauvres de produire un revenu et lutter contre la maladie. L’exemple pris en France dans la lutte contre le trachome sera prix en exemple [9].
Selon l’OMS, les programmes prioritaires dans le domaine sanitaire et pharmaceutique ne peuvent atteindre leur objectif qu’avec un engagement ferme de politique de santé véhiculé par les autorités politiques en place dans les pays pauvres.
Conclusion
En France, le trachome a disparue avant les antibiotiques [9]. Si on atténue la pauvreté, on ameliorera la politique pharmaceutique et sa mise en œuvre au sein des populations pauvres. L’accès aux médicaments et aux soins trouvera une amélioration. En même temps on luttera contre la contrefaçon, le marché illicite et parallèle de médicament. On luttera aussi contre l’automédication, la dépendance à l’extérieur par l’innovation et le developpement de la pharmacopée traditionnelle. L’éducation des populations, l’alphabétisation, la micro finance et la formation de marché agricole et d’élevage permettront aux populations pauvres d’avoir une autosuffisance alimentaire, sanitaire, pharmaceutique et professionnelle. Les politiques effectuées jusqu’à nos sont très coûteuses dans leur application, encouragent la corruption, la dépendance au bailleurs de fond et ne donne pas de résultats à long terme.
De Alma Ata à l’Initiative de Bamako, les maladies élémentaires sont restées extrêmement mortelles et leur taux de mortalité n’a pas connue un changement considérable. Les problèmes sociaux, anthropologiques et épistémologiques ont attiré notre attention au cours de ce travail. Nous avions énuméré quelques uns tout en espérant les recenser pour la suite de notre formation et au cours de l’exercice ne notre profession au service des populations.
Références bibliographiques
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2- SAOUADOGO H. Etude des risques de santé liés à l’utilisation des médicaments vendus sur le marché informel dans la ville de Ouagadougou au Burkina Faso. Thès. Pharma. UFR/SDS. Juil. 2003. Ouagadougou
3-DEBUE-BARAZER C. Le médicament 1803-1940. Mars 2003. Paris
4- Ministère de l’économie et du developpement. Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté.
5- KOUMARE A. Formation des Pharmaciens en gestion et dispensation des ARV. Août 2005. Ouaga
6-Alternatives Economiques N°243. BLITMAN S. SAOUADOGO H. L’Afrique malade des médicaments. Janv. 2006
7-MOHAMED EL MORSHEDY E. Pharmaceutical products and pharmaceutical inspection. Les nouveaux défies du secteur pharmaceutique égyptien. janv. 2006. Alexandrie
8-OMS. Santé, croissance économique et lutte contre la pauvreté. Avril 2002. Genève.
9- MOULIN AM. L’expertise collégiale sur le trachome en Afrique subsaharienne. Janv. 2006. Alexandrie
10- LECOURT D. Dictionnaire de la pensée médicale. PUF. Janv. 2004. Paris
MEGERLIN F. L’acte pharmaceutique, réflexion juridiques pour une refondation intellectuelle et éthique. Bulletin de l’ordre 375. juil 2002
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