Depuis 2000 planification avec Leonardo Gmür, décédé accidentellement en 2005: je n'oublierais jamais cet homme suisse, un pionnier en Arménie et devenu un ami.
Au lever, pratiquer 10 minutes d'eutonie ou exercices physiques en même temps que m'adresser au plus profond de moi-même (qui est un AUTRE) : voilà mon réveil lent et idéal. Et quel plaisir de pouvoir prendre tranquillement mon déjeuner depuis que je suis à la retraite au lieu de sortir de la maison à 6h28 pour prendre le train. Je savoure ce moment, c'est mon luxe, lis le journal. J'exprime mon désir de m'accorder ce temps d'approche de la journée. J'ai la chance d'avoir un maison tranquille et chauffée que j'apprécie d'autant plus quand je pense aux "domik" ou cabanes où vivent pas mal de gens que je rencontre en Arménie.
Enfin prêt, la présidente de KASA, ma femme Monique, et moi, nous décidons de notre journée. Parfois notre réunion dure jusqu'à 11 heures entre téléphones en ARR..ménie et en Suisse et à lire les messages électroniques. Le reste de la journée c'est pour répondre et "créer des projets".
Lent à me mettre en route, une fois parti, je n'arrive plus à m'arrêter et le rythme s'accélère: parfois je suis encore à l'ordinateur à minuit, car quand je commence une chose je suis un passionné.
Heureusement que je peux m'échapper au jardin potager pour m'aérer ou aller dans une pièce avec piano pour pouvoir chanter quand je ne me mets pas à cuisiner un bon repas ou à accueillir mes deux petites filles Johanne, 1997 et Coralie 2002 ou un de mes quatre enfants si ce n'est toute la famille réunie. Un quotidien qui peut être de rêve s'il n'y avait pas souvent des imprévus "affectifs , la mort d'une connaissance ou ami ", de santé ou de casses matérielles dans la maison ou sur la route ou des complications administratives en Arménie!
Trois à quatre fois par année durant un mois je me rends en Arménie et là mon quotidien change complètement: je me rends de réunion en réunion et de surprise en surprise. En 13 ans jusqu'en 2010 j'ai fait déjà 41 voyages et chaque fois je découvre du neuf, car l'Arménie n'en fini pas de me fasciner et de me stimuler et donc de me donner...
On ne peut pas, à mon avis dissocier l'action (et la pastorale dans le langage de l'église) de la spiritualité, faute de quoi la spiritualité tourne en rond et devient une fuite sans amour pour l'homme. Dans ce mouvement pour et vers l'autre je n'exclue pas les vrais contemplatifs, même si ce n'est pas ma voie.
D'autre part on ne peut pas uniquement aider les autres, car cela pourrait ne représenter qu'une fuite pour se donner une raison de vivre. L'action sociale qui n'aboutit pas à l'autel est, à mon avis, amputée d'une dimensions essentielle... c'est peut-être cela une des raisons majeurs du diaconat!
Pour ce qui me regarde je fais l'expérience suivante.
Donner librement dans un sens de service désintéressé, me donne en retour plus que ce que je mets moi-même. Mais attention: il ne faut pas que je donne pour recevoir, car souvent la reconnaissance est nulle voir "négative" et tant mieux s'il y a parfois quelques chose en retour. Or, moins j'attends et plus je reçois. Je reçois l'insoupçonnable, quelques choses de neuf et que je n'ambitionnait pas: par exemple la surprise de voir d'autres grandir ou une structure d'oppression se transformer pour devenir bienfaisante!
En effet je suis personnellement comblé par la tâche en Arménie que je me suis donnée en toute liberté et enfin j’ai l’impression de pouvoir donner à ma mesure selon toutes mes capacités et mes aspirations : le « papik » heureux est aussi un homme sociale comblé. Dans ce travail je suis en contact des gens dont j'admire la capacité de survivre au quotidien, mais aussi avec des formateurs, constructeurs, médecins, agriculteurs et éleveurs, politiciens, financiers et artistes et inventeurs de sens.
En 2009 ma disponibilité au sein de la famille m'a amené à devenir peintre en bâtiment l'été, et, depuis l'automne, au sein de l'église locale ou de l'Unité Pastorale de Lausanne Nord à remplacer parfois le prêtre lors des réunions de la Catéchèse familiale. Je me retrouve après 8 ans d'oulbli , au service de l'Evangile, de la Parole: un service privilégié qui m'engage encore plus envers les êtres humains! Une vrai spiritualité? Le désir de voir l'Homme (Mensch) toujours plus Vivant sur les traces de "Celui qui est le Chemin, la Vérité, la Vie".
Je rends grâce!
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