Lancement de la campagne nationale de sensibilisation sur la drépanocytose (25 avril 2007).
Photo de la conférence à la mairie du Plateau-Abidjan dont le thème était: la drépanocytose, un véritable problème de santé publique.
Conférencier: Dr Adiko Clément, Service d'immuno-hématologie du CHU de Cocody.


I. PREAMBULE

En Côte d’Ivoire, les années 1960, date d’accession du pays à l’indépendance politique, avaient été marquées par une forte croissance économique qui a particulièrement profité au système sanitaire. En effet, ce secteur s’est développé par la mise en place d’un réseau de formation sanitaire à travers le territoire national, dont l’animation était assurée par un personnel qualifié. A ce jour, cet acquis en ressources humaines a été préservé, voire amélioré ; car ce sont plusieurs médecins compétents et de renommée internationale que compte la Côte d’Ivoire.

Nonobstant, dans nos hôpitaux et centres de santé, les soins aux malades sont déficients du fait de la pauvreté du plateau technique. La crise économique allant crescendo depuis les années 1980, l’Etat ivoirien a des difficultés à construire des établissements sanitaires et scolaires, encore moins de les équiper et les entretenir. Fait gravissime, depuis le 19 septembre 2002, la crise politico-militaire a fait la partition du pays en deux et fait piller 46% des plus de 1 364 établissements sanitaires existantes, plongeant du coup les populations de la moitié nord du pays dans une catastrophe humanitaire.

Dans un tel contexte, nous avons mis sur pied en février 2005 notre ONG en vue de lutter en priorité contre la drépanocytose ou l’anémie falciforme (globule rouge en forme de faucille) qui est causée par la mutation d'un gène de l'hémoglobine A (sain) en Hémoglobine S (anormale). Par ordre de gravité, les cinq formes sont : AS (trait drépanocytaire, ne fait pas la maladie), SC, SAFA2, SFA2, SSFA2 (4 formes cliniques). Il en résulte des douleurs très vives et des complications qui peuvent être mortelles ou responsables de séquelles invalidantes.

Cette grave affection de l’hémoglobine soit en train de sortir de l’anonymat grâce au lobbying menée depuis quelques cinq ans par l’OILD (Organisation Internationale de Lutte contre la Drépanocytose) basée à Paris, grâce au concours remarquable de quelques Premières Dames des autres pays d’Afrique. Dans notre pays où il n’y a pas de programme national de lutte contre cette pathologie, c’est un silence total des pouvoirs publics, alors que la Côte d’Ivoire enregistrait 12% de drépanocytaires depuis 1973, soit plus de 2 millions de malades aujourd’hui. Pourtant, selon l’OMS, la drépanocytose constitue un véritable problème de Santé Publique qui doit être une priorité dans le monde. Ce qui contracte, le traitement rime avec certains noms de spécialistes ivoiriens.

Les estimations récentes montrent qu’elle est l’affection génétique la plus fréquente au monde et touche près de 100 millions de personnes vivant principalement en Afrique au sud du Sahara, en Inde, aux Antilles et en Amérique. Elle affecte chaque année 300 000 nouveaux-nés dans le monde. Les régions les plus touchées sont l'Afrique subsaharienne où un nouveau-né sur 100 y est atteint. Plus de 80 % des enfants atteints décèdent avant l'âge de 5 ans parce qu'ils ne sont pas pris en charge. Les survivants développent rapidement des complications sévères et ont une espérance de vie réduite. Elle entraîne des désagréments tels que: fatigue, perte d'appétit et de poids, insomnies, angoisses, anxiété, diminution de la mobilité, isolement, déscolarisation, licenciement, exclusion...

Les complications majeures sont l'anémie, les douleurs osseuses, les infections répétées du sang, du cerveau et des poumons, les accidents vasculaires cérébraux ; elle aggrave la morbidité et la mortalité en Afrique, notamment chez les mères et les enfants. C'est une maladie polymorphe dont les retentissements sont très variés d'une personne à une autre et d'un moment à un autre.

Pour le traitement des cancers (cancers solides et liquides ou leucémie), il n’y a que la chimiothérapie qui est pratiquée en Côte d’Ivoire, alors que les moyens modernes, plus efficaces tels que la radiothérapie et la greffe de moelle sont totalement inexistants. Pourtant, des pays africains moins nantis comme le Ghana, le Congo, le Sénégal disposent de centres de référence en radiothérapie. En conséquence, la plupart des malades évacués hors de Côte d’Ivoire est pour des raisons de cancer. Au vu de cette situation, seuls les malades les plus riches ont la possibilité d’aller se faire soigner en Europe. En France par exemple, l’hospitalisation pour réanimation hématologique seulement (hormis les frais de transport et autres charges connexes) revient à un million de Fcfa par jour. Soit la somme colossale de 100 millions Fcfa pour le traitement total.

En revanche, au plan national, la journée d’hospitalisation dans les CHU va seulement de 7 000 F à 30 000 F. Le traitement du cancer coûte 1 500 à 5 000 000 Fcfa et serait donc plus efficace et accessible à la majorité des couches sociales si la Côte d’Ivoire avait ne serait-ce qu’un centre de référence équipé de matériels adéquats. Les pays de la sous-région en seraient également bénéficiaires, vue la position stratégique de la Côte d’Ivoire, terre d’accueil par excellence (39% d’étrangers) et plaque tournante de l’Afrique.

A ces maladies, nous allons nous intéresser également à l’hémoglobinose C, au déficit en G6PD, à la thalassémie ; aux maladies acquises et chroniques comme le diabète et enfin aux cardiopathies telles que l’hypertension artérielle, les péricardites, l’infarctus du myocarde.

Ainsi, loin d’être abasourdis par ces constats qui précèdent, la paupérisation grandissante des populations et les calamités généralisées de notre pays, nous devons secourir ces millions de victimes dont la plupart meure chaque jour par faute de matériels adéquats dans nos hôpitaux et/ou par manque d’assistance. En réalité, que vaut une personne en bonne santé si elle n’arrive même pas à satisfaire ses besoins primaires et vivre dans un environnement sain ? Une aide et assistance médicale complète ne saurait occulter l’amélioration de la vie socio-économique des plus pauvres qui sont en majorité des ruraux dont les progénitures sont avilies et déshumanisées cruellement, même les diplômés et qualifiés. En effet, plus de 50% de la population (les femmes et les jeunes) vit aujourd’hui dans la misère totale avec moins d’un dollars US par jour.

Au vu de ces constatations amères, notre ONG s’est donnée certains objectifs pour contribuer efficacement à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) en Côte d’Ivoire en général, et à la prise en charge totale des victimes de ces maladies et la pauvreté en particulier.


II. NOS OBJECTIFS :

Pour aider le public cible, nos objectifs sont de quatre ordres essentiellement:

1/ Améliorer la prise en charge médicale et médico-technique de la drépanocytose, des cancers et du diabète.

2/ Doter les centres de santé de matériels indispensables pour une prise en charge efficiente des malades.

3/ Assister les malades démunis par des dons de médicaments et des prises en charge.

4/ Lutter contre la pauvreté et la misère par le financement de projets de développement économique.


CONTACTS:
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22 BP 439 Abidjan 22
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